La saison avait très bien débuté. La Scuderia, lançant très tôt dans la saison 2016 le projet 2017, avait pondu une excellente SF70H, et Vettel rayonnait.

Il allait pouvoir concurrencer ces satanées Mercedes, qui dominaient outrageusement le championnat depuis 3 saisons.Vettel-portret

Le rival pour le titre s’appelle Lewis Hamilton. Le titre se jouera entre eux deux.

Chez AMG-Mercedes, Rosberg parti à la retraite titre en poche et Bottas qui le remplace n’est qu’un excellent second. Kimi Raikkonen son équipier est solide et populaire, mais pour jouer la gagne sur une saison entière, c’est sur lui que Mauricio Arrivabene et ses troupes doivent compter.Vettel le sait.

En arrivant à Bakou pour cette huitième manche du championnat, Seb fait ses compte. Il mène au championnat, certes, mais Lewis n’est pas loin. Il sent les progrès de la Mercedes W08, peu à l’aise en début de saison pour cause d’incompréhension du comportement des Pirelli du côté des ingénieurs vêtus de gris. Mais il comprend depuis le Canada que les troupes de Toto Wolff ont trouvé la clé de la performance. Il gamberge, on le voit moins serein dans le paddock.

Il faut savoir que Sebastian Vettel a un caractère bien particulier. Quand tout va bien, il est parfait. Il est le pilote de Formule 1 par excellence, le rêve de tout team manager. Hyper rapide, tenace, intelligent et sympa. Chanceux aussi. Il sait galvaniser et fédérer une équipe autour de lui, ce qu’il a fait chez Red Bull et ce qu’il réussi parfaitement chez Ferrari. Il est un vrai ‘winner’. Par contre quand ça ne veut pas tourner comme il veut, il devient impossible.

Multiples incidents

Rappelons-nous ces multiples incidents avec Mark Webber son équipier chez Red Bull, quand l’allemand à qui tout réussissait senti quelques fois le sympathique australien venir le chatouiller. Il ne le supporta pas au point même d’ignorer des consignes d’équipe, le fameux Multi 21, et de voler la victoire à son équipier (Malaysie 2013).
Rappelons-nous également la saison 2014, où sevré de 4 titres consécutifs, il se fit dominer par le  bien moins expérimenté Ricciardo. Une fois encore, l’allemand ne le supporta pas et déchira son contrat le liant pour une saison encore aux troupes menés par Christian Horner  et s ‘en alla chercher fortune à Maranello.
Et donc, ce dimanche à Bakou, c’est ce côté moins sympa de Sebastian Vettel qui a ressurgi. Croyant à un mauvais coup de Hamilton, le fameux ‘brake test’, il disjoncta complètement et alla percuter volontairement la Mercedes qui le précédait.

Hamilton fut plus tard totalement disculpé, la FIA ayant analysé les données de la télémétrie , le britannique était innocent. Ne voulant pas avouer ses torts, le natif de Heppenheim cherchait milles excuses, mais le mal était fait.

Vettel – Baby Schumi?

Souvent comparé à Michael Schumacher, tant pour son talent que pour sa capacité à repousser les limites de ce qui est acceptable, l’allemand a dimanche en Azerbaïdjan terni son image. Baby Schumi comme l’appellent ceux qui le suivent depuis le karting, devrait réfléchir à ce côté sombre de sa personnalité et l’améliorer. Il a l’intelligence de réussir ce challenge, il deviendrait alors le champion extraordinaire, formidable et irréprochable qu’il a la capacité de devenir.